L’Essentiel de la réforme du Lycée
Quelle ambition pour le nouveau lycée?
Le Lycée a réussi le défi de la démocratisation : quand 26% d’une classe d’âge obtenaient le baccalauréat en 1980, près de 66% l’obtiennent aujourd’hui ! Le lycée fonctionne très bienpour certains et peut mener à l’excellence.
Mais il ne remplit pas ses objectifs pour tout le monde :
‐ 50 000 jeunes quittent le lycée chaque année sans avoir le baccalauréat ;
‐ 50% des étudiants échouent en première année universitaire.
C’est pour cela que nous réformons le lycée, parce que nous voulons un lycée qui assure la réussite de chaque élève. C'est‐à‐dire un lycée qui refuse tous les fatalismes, qui tire vers le haut chaque élève. Un lycée qui soutienne celui qui décroche, tout en poussant l’élèvemoyen vers les premiers rangs, et le bon élève vers l’excellence.
Quelle méthode ?
Ce projet de réforme s’appuie sur une large concertation menée par Richard Descoings, Benoist Apparu et par l’ensemble des académies (1300 lycées consultés) depuis mai 2009.
A partir des grandes orientations fixées le 13 octobre par Nicolas Sarkozy, Luc Chatel a fait des propositions qu’il va présenter aux lycéens, aux partenaires sociaux, aux personnels duMinistère de l’Education nationale et aux parents d’élèves dans les semaines qui viennent.
L’objectif, c’est une réforme qui entre en vigueur progressivement : dès la rentrée 2010 pour la classe de seconde, en 2011 pour celle de première et en 2012 pour la terminale.
Avec l’objectif de corriger ce qui ne va pas, sans déstabiliser ce qui fonctionne.
La réforme en 8 mesures clefs
1° Pour une orientation progressive et réversible
Aujourd’hui, l’orientation est subie et irréversible. Malheur à celui qui se trompe, il n’y a pas de deuxième chance.
Demain, nous allons rendre l’orientation progressive et réversible en permettant les 2 corrections de trajectoire : demain, un élève de première qui est en difficulté dans une sériepourra rejoindre une autre série, en cours d’année, ou à la fin de l’année, sans être obligé deredoubler, grâce à un stage passerelle. Le lycéen qui se trompe aura désormais le droit à l’erreur, le droit à une deuxième chance.
2° Pour limiter les redoublements chaque fois que c’est possible, dans l’intérêt de l’élève
Aujourd’hui, 40% des bacheliers ont redoublé au moins une fois au cours de leur cursus.
Parfois, le redoublement est une nécessité mais trop souvent le redoublement est vécu
comme un échec, inutile et décourageant, comme une année de perdue.
Demain, chaque fois que ce sera possible et profitable à l’élève, nous allons lui permettre de redevenir acteur de son parcours grâce à un stage intensif de remise à niveau durant l’été : un élève en difficulté pourra, s’il est volontaire, suivre un stage intensif de remise àniveau durant l’été. Ce n’est qu’après ce sas que le conseil de classe se prononceradéfinitivement sur l’éventuel redoublement.
3° Pour un tutorat dans l’orientation
Aujourd’hui, l’orientation marche à deux vitesses : il y a ceux qui savent et qui réussissent parce qu’ils sont issus d’un milieu favorisé et il y a les autres qui subissent parce qu’ils n’ont pas accès à l’information. C’est l’orientation choisie pour ceux qui savent et l’orientationsubie pour tous les autres !
Demain, nous allons mettre en place un tutorat pour l’orientation : chaque élève aura un tuteur qui l’informera, le conseillera et l’accompagnera dans ses choix d’orientation. Pour un parcours personnalisé.
4° Pour un accompagnement personnalisé
Aujourd’hui, le lycée ne prend pas assez en considération les besoins et les attentes de chaque élève, qui peuvent être très différents. Nous n’avons pas les moyens de répondre àcette diversité.
Demain, nous allons mettre en place 2h d’accompagnement pour chaque élève, de la seconde à la terminale, sans alourdir l’emploi du temps des lycéens : chaque lycéen pourrabénéficier d’un soutien personnalisé s’il rencontre des difficultés, d’un approfondissements’il veut aller plus loin et tous pourront profiter de ces deux heures pour bien déterminerleurs choix d’orientation. Nous poursuivrons ainsi l’effort fait au primaire (aide personnaliséede deux heures pour les élèves en difficulté) et au collège (accompagnement éducatif pourles « orphelins de 16 h 00 ».)
3
5° Pour un plan d’urgence en faveur des « langues étrangères »
Aujourd’hui, les bacheliers parlent mal les langues étrangères notamment l’anglais. Dans les classements internationaux, la France se situe parmi les plus mauvais élèves de l’Union européenne. Alors même que la maîtrise des langues étrangères est indispensable pour accéder à des formations d’excellence, pour trouver un emploi et pour bien comprendre le monde d’aujourd’hui.
Demain, nous allons concentrer nos efforts sur l’apprentissage de l’oral dans les langues étrangères, notamment en anglais : en multipliant l’enseignement de matières telles que lessciences ou l’histoire en anglais, en créant des groupes de compétences, en favorisant lespartenariats avec des établissements étrangers, avec pour objectif de mettre l’accent sur lamaîtrise orale de la langue.
6° Pour un plus large accès à la culture
Aujourd’hui, le lycée ne sait pas réduire les inégalités d’accès à la culture liées aux origines sociales. Et cette inégalité d’accès est terriblement discriminatoire pour l’accès aux filièresd’excellence. La culture c’est l’accès à l’universel.
Demain, nous voulons un lycée qui favorise l’accès à la culture pour tous, grâce à des mesures très concrètes : comme un vidéo club dans chaque lycée pour que chaque élève aitaccès à nos grands films, ou grâce à la diffusion audiovisuelle des grandes expositions ou grands évènements culturels et la mise en place d’un «référent culture » dans chaque établissement.
7° Pour un lycée qui apprend la responsabilité aux lycéens
Aujourd’hui, l’engagement extra‐scolaire du lycéen n’est pas reconnu, n’est pas valorisé.
Demain, nous souhaitons valoriser l’engagement et l’esprit d’initiative de chacun, en lesreconnaissant dans la scolarité :
‐ avec la mise en place du livret de compétences ;
‐ avec la reconnaissance des engagements associatifs ;
‐ avec un accompagnement pour la création et la gestion par les lycéens d’associations notamment dans les domaines sportifs et culturels.
8° Pour des établissements plus autonomes
Aujourd’hui, le lycée est corseté dans des règles très contraignantes décidées
unilatéralement et dans le moindre détail rue de Grenelle 4
Demain, nous donnerons toute leur chance aux établissements qui s’engagent et qui veulent innover. Dans un cadre national maintenu, car nous sommes profondément attachés au caractère national de notre éducation, nous donnerons des marges d’initiative et de responsabilité aux équipes qui veulent avancer.