Jean-Louis Léonard donne son avis sur la politique de défense et de sécurité mise en place par le gouvernement:
"Lors de son discours du mardi 17 juin 2008, le Président de la République a réaffirmé que notre pays restera une grande puissance diplomatique et militaire, mais que pour cela elle doit adapter son outil de défense qui ne doit plus être un facteur d’aménagement du territoire.
Je tiens par cette lettre à vous éclairer sur plusieurs points.
Tout d’abord, permettez-moi de vous indiquer que cette réforme n’est pas destinée à faire des économies sur le dos de la défense, mais que les marges dégagées seront intégralement réinvesties dans la modernisation de notre armée. Ainsi nos investissements passeront de 15,5 milliards d’euros pas an à plus de 18 milliards, ce qui est un effort considérable mais nécessaire pour que notre défense soit la plus efficace et la plus réactive possible.
Ainsi un effort considérable sera réalisé sur le renseignement, notamment d’origine spatiale dont le budget sera doublé. Un nouveau poste de coordonnateur du renseignement sera créé auprès du Président de la République afin d’accroître la transparence et la cohérence des travaux des services de renseignement.
Par ailleurs, pour répondre au mieux aux menaces qui pèsent à la fois sur notre sécurité intérieure et extérieure, notre pays se dotera d’une stratégie globale de sécurité nationale, qui passe par le renforcement de nos capacités de lutte contre les menaces informatiques, mais aussi radiologiques, bactériologiques et chimiques.
Nos capacités d’intervention ne seront pas diminuées et nous conserverons la possibilité de projeter, en 6 mois et pour 1 an, une force terrestre de 30 000 hommes, 70 avions de combat et 3 groupes navals. C’est un engagement ferme du Président de la République qui permettra de s’adapter aux scénarios les plus plausibles d’engagement de nos forces armées.
Nous ne voulons pas que cette réforme affaiblisse notre pays mais au contraire, nous souhaitons renforcer la cohérence de notre défense, car ce sont les économies qui nous permettront de réaliser nos ambitions militaires.
Pour les communes qui perdront une base ou un régiment le gouvernement a prévu d’une part une enveloppe de plus de 320 millions d’euros, afin de compenser une partie de leur manque à gagner, et d’autre part un accompagnement personnalisé afin de les aider à réaménager leur territoire.
Enfin, afin d’éviter toute dérive en matière de défense, le projet de réforme des institutions prévoit que désormais les opérations extérieures de la France feront l’objet d’une information obligatoire du parlement dans les 3 jours, et d’une autorisation expresse après 4 mois.
Cette réforme que je soutiens nous permettra de conserver notre force de dissuasion, tout en adaptant notre outil de défense aux nouvelles menaces qui nous entourent.
J’espère vous avoir ainsi rassuré sur la politique de défense de notre gouvernement".