Le Député Jean-Louis LEONARD intervient auprès de Monsieur Michel BARNIER, Ministre de l'Agriculture et de la Pêche, sur la situation de la profession ostréicole suite à la mortalité sans précédent des jeunes huîtres:
"Lors de la rencontre du 24 juillet dernier avec la profession ostréicole, gravement touchée par une crise sans précédent de mortalité des jeunes huîtres, vous aviez marqué votre entier soutien à la profession et plusieurs mesures avaient alors été annoncées pour remédier à cette situation d’une ampleur et d’une gravité exceptionnelles. En effet, le constat réalisé par les services de l’Etat et l’IFREMER est accablant, avec des taux de mortalités de 15 à 40 % pour le naissain 2006, et de 70 à 80 % pour le naissain 2007.
Un mois après cette rencontre, l’espoir a laissé place à un profond désarroi qui s’est notamment manifesté devant la préfecture de la Charente-Maritime et que je ressens également sur le terrain.
Il devient donc très urgent d’apporter des réponses concrètes et immédiates aux ostréiculteurs, car la menace de voir disparaître ces entreprises se précise chaque jour davantage.
Les mesures récemment annoncées par la Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture n’ont en effet pas satisfait les professionnels qui les jugent trop imprécises.
- Concernant l’activation du fonds de garantie des calamités agricoles, les ostréiculteurs n’ont toujours pas connaissance du taux d’indemnisation. Je me permets de rappeler que les professionnels ont demandé la reconnaissance du caractère de calamités agricoles depuis le 19 juin !
- Il leur a été également indiqué que pour les entreprises en difficulté, un report des cotisations salariales et patronales pourra être consenti. Les ostréiculteurs souhaitent également des exonérations ou des allègement de charges.
- S’agissant de la reconstitution du cheptel, la piste du fonds européen de la pêche avait été évoquée mais aucune garantie n’a été apportée quant à la possibilité de le mobiliser. L’étude est toujours en cours.
A ce jour, les ostréiculteurs ne constate aucune avancée concrète et force est de constater que le traitement de ce dossier, la lourdeur des procédures pour enclencher les aides ne correspondent absolument pas à l’urgence de la situation. L’absence de réactivité est, et je le comprends, incomprise par les professionnels.
Si l’ensemble de la profession est durement éprouvée, je souhaite attirer tout particulièrement votre attention sur les ostréiculteurs qui ne font que du demi élevage et qui n’ont donc plus rien à vendre.
Enfin, à l’issue de la tempête de 1999, les ostréiculteurs avaient bénéficié d’une aide forfaitaire de 200 000 francs , qui avait été débloquée en 15 jours. La situation que nous vivons aujourd’hui est aussi grave et aurait mérité la même réactivité avec le déclenchement immédiat d’une aide du même type. Je souhaiterais connaître votre position sur cette proposition qui permettrait d’assurer la survie de nombreuses entreprises".