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Question à Hervé NOVELLI
Secretaire d'état aux entreprises du commerce est des services
Monsieur le Secrétaire d’Etat,
Le tourisme représente un secteur majeur pour notre économie :
Il contribue à plus de 6 % du PIB et emploie près de 2 millions de personnes.
On peut donc parler d'industrie touristique bien qu'on l'ait trop longtemps et souvent encore actuellement considéré comme un secteur naturellement prospère et pour lequel il n'y avait pas lieu de consentir des efforts particuliers.
Mais, la destination France, première en nombre de touristes (82 millions au total), n’est désormais que troisième en valeur après les Etats-Unis et, depuis 2002, l’Espagne et loin de la tête du classement en dépense par touriste. Cette situation démontre bien l'urgence d'une réforme profonde de ce secteur.
Vous avez tenu en juin dernier les Assises du tourisme qui ont sonné la mobilisation des acteurs publics et privés du tourisme autour de trois grands axes : l’amélioration de l’accueil, la modernisation de notre offre touristique, la promotion de la France à l’international.
Vous y avez fixé des objectifs qui, pour nombre d’entre eux, trouvent leur concrétisation dans le projet de loi de développement et de modernisation des services touristiques qui sera examiné par notre Assemblée très prochainement.
Ce projet de loi qui comporte de nombreuses réformes structurelles, en matière de classement hôtelier, de vente de voyages, de tourisme social et d’organisation de l’action publique est la premiere occasion donnée à notre pays depuis de nombreuses années de réformer en profondeur les structures tant publiques que privées de notre industrie touristique.
Nous souffrons dans nos territoires,de l'obsolescence de normes qui sont de véritables freins à la commercialisation de notre action.
Les principes de labelisation de nos hébergements datent d'un autre age et dépendent d'un systeme bureaucratique nous défavorisent dans la compétition.
Nous manquons d'un support d'ingéniérie touristique puissant malgré les efforts remarquables de la maison de la France ou d'ODIT France.
Enfin , et je sais que vous y etes particulierement sensible,les structures sociales d'un tourisme accéssible à tous ne sont plus à la hauteur des attentes de la société.
L'attribution restrictive des chèques vacances est un exemple de discimination.
En cette période de crise sans précédent, je constate en Charente Maritime, second département touristique de France apres le Var,mais aussi en montagne où la saison de ski promet d'etre plutot bonne ,que le tourisme constitue un formidable amortisseur econonomique et social et permet de compenser partiellement les effets de la crise en attirant des consomateurs qui prenaient peu à peu le chemin de l'étranger.
Il est temps Monsieur le Ministre de redonner à nos structures publiques comme à nos entreprises la capacité dynamique qui les rendront compétitives.
Je suis certain que c'est votre objectif, et je souhaiterais que vous nous précisiez le contenu de ces réformes de notre offre touristique qui garantiront la compétitivité d’une économie majeure pour notre pays ?
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Réponse de Monsieur Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services.
« Monsieur le député, la teneur de votre question montre la connaissance que vous avez de ce secteur.
J’ai eu l’occasion de présenter au conseil des ministres il y a quelques jours, le 4 février exactement, un projet de loi de développement des activités touristiques. Vous avez rappelé les chiffres, je n’y insiste pas, sauf pour souligner combien le tourisme, qui pèse plus de 6 % du PIB, est important dans la création de valeur ajoutée et dans la croissance française.
Ce texte, dont la représentation nationale aura l’occasion de débattre, est très court – quinze articles seulement –, mais il organise la modernisation en profondeur de l’activité touristique, grâce à quatre réformes fondamentales.
La première réforme, vous y avez fait allusion, concerne la nécessaire rénovation de la classification hôtelière, afin que la qualité de l’hôtellerie française rejoigne les standards internationaux et nous permette ainsi d’accueillir les touristes dans de meilleures conditions. Cette réforme fondamentale doit comporter un accompagnement financier assez puissant pour que les hôteliers s’engagent dans la rénovation nécessaire afin d’être au rendez-vous de cette nouvelle classification.
La deuxième réforme, très importante, et que vous avez également évoquée, porte sur les chèques-vacances.
Il faut en finir, je l’ai dit, avec cette injustice française qui fait que, sur les 3 millions de salariés bénéficiant des chèques-vacances, seuls 30 000 travaillent dans des entreprises de moins de cinquante salariés. Cette injustice sera réparée par le futur projet de loi.
La troisième réforme concernera, si vous en êtes d’accord, la profession d’agent de voyages : les 4 500 PME de ce secteur doivent s’adapter à la nouvelle donne internationale.
La quatrième réforme, très importante aussi, consiste à créer l’Agence de développement touristique de la France, grâce à la fusion de Maison de la France et d’ODIT France. Il convient de disposer d’un opérateur public très puissant, incarnant l’action publique que nous souhaitons mener, en coopération avec les professionnels et les collectivités territoriales.
Nous devons être au rendez-vous du défi qui nous est lancé : demeurer la première nation touristique au monde ».