En lisant l'interview du maire de La Rochelle dans votre édition du 18 octobre, j'ai découvert que je serais opposé à l'extension du périmètre de la communauté d'agglomération en y incluant la communauté de communes de Marans.
Cette vision des choses est choquante. En effet, de quel droit pourrait-on décider en lieu et place des élus, voire des habitants d'un territoire, de leur avenir et de leur appartenance à une communauté ou à une autre.
Cette conception du rôle de député n'est pas la mienne et pour bien connaître Maxime Bono, je veux croire que ses paroles ont dépassé sa pensée.
En revanche; je n'ignore pas que des tentatives ont eu lieu dans les années 2002 de « débaucher » certaines communes pour les faire adhérer à la communauté d'agglomération de La Rochelle. Celles-ci ont avorté, car les maires ont en majorité réaffirmé leur identité et leur attachement à cette grande communauté de l'Aunis.
Patrick Blanchard, président de la communauté de communes de Marans, l'a également réaffirmé récemment.
Evidemment, certains élus seraient sans doute plus flattés de siéger à la communauté d'agglomération de La Rochelle plutôt qu'à la communauté de communes de Marans. Mais cette affaire ne doit pas se résumer à un problème d'ego. Les enjeux sont ailleurs et autrement plus importants.
1- Au même titre que l'Europe, la communauté d'agglomération de La Rochelle doit « digérer » son passage à 18 communes, et y assurer l'ensemble de ses missions totalement, ce qui n'est pas encore le cas partout.
Il faut rationaliser les services et garantir la cohérence d'un territoire avant de rêver à son extension.
2 – Diminuer la taille du pays d'Aunis serait aujourd'hui une erreur. C'est d'une organisation qu'a besoin ce territoire, aucune des communautés de communes qui la composent n'ayant la masse critique pour assurer seule les missions que les habitants attendent d'elles.
Alors, laissons les élus de Surgères, Marans, Courçon, Aigrefeuille et La Jarrie s'organiser. Ce qui ne veut pas dire que des partenariats privilégiés ne doivent pas s'engager, bien au contraire. Nous devons travailler ensemble à la cohérence de nos deux territoires et à l'aménagement de leur espace, autant qu'à leur développement économique.
Mais dire que le député de la circonscription s'oppose au mercato dont rêverait le maire de La Rochelle, c'est profondément méconnaître la volonté d'identité et l'esprit responsable de la grande majorité des maires et des élus des quatre communautés des communes d'Aunis.
Jean-Louis LEONARD