Dialogue de sourds avec le gouvernement
Aux Boucholeurs, que fait-on des maisons vendues ? Pas de réponse.
Le député Jean-Louis Léonard souhaitait connaître le devenir des maisons vendues à l'État. photo pascal couillaud
Jean-Louis Léonard, député maire UMP de Châtelaillon, qualifie de dialogue de sourds son échange avec Thierry Mariani - secrétaire d'État auprès de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie -, lors des questions orales à l'Assemblée nationale hier matin (1). C'est le moins que l'on puisse dire.
Jean-Louis Léonard voulait tout simplement savoir qu'allaient devenir les maisons acquises par l'État dans les endroits où il est impossible de démolir sans mettre en péril les habitations mitoyennes, à Boyardville, Fouras et surtout aux Boucholeurs où, de surcroît, la zone noire a été supprimée. Ce qui signifie que le secteur n'est plus considéré comme dangereux, dans la mesure où il est susceptible d'être protégé.


Il souhaite également qu'on lui dise quels moyens l'État mettrait à la disposition des collectivités pour envisager des projets dans les maisons qui ne seraient pas détruites.
La question appelait des réponses précises. Mais le secrétaire d'État aux transports, Thierry Mariani, s'est contenté d'une réponse générale, en s'appuyant sur des textes de loi, article LR61-3, etc.
Pour résumer, selon le ministre, la démolition reste le principe général qui exclut la possibilité de réutilisation des maisons en question pour éviter toute exposition à des risques graves.
Et quand les risques supposés ne sont plus d'actualité, comme aux Boucholeurs, par exemple ? Thierry Mariani n'en dit mot.
« On nage dans le vague »
Il admet toutefois « quelques cas spécifiques » de maisons difficiles à démolir et préconise des utilisations très encadrées, incompatibles avec toute habitation. Il invite Jean-Louis Léonard à se rapprocher de Béatrice Abollivier, préfet de Charente-Maritime.
« Le problème reste donc entier et il le restera un moment », a conclu Jean-Louis Léonard. Il a cependant l'intention de se « rapprocher » de Béatrice Abollivier. Mais il déplore que « l'on continue à nager dans le vague. C'est très bien de parler de projets mais avec quels moyens ? On me répond en citant des articles de loi ! Je la connais la loi. Je crains que cela ne finisse devant les tribunaux pour justement dire la loi. En tout cas je continuerai à harceler. Et les bulldozers ne sont pas encore aux Boucholeurs ! ».
Article écrit par Marie-Claude Aristégui